Reconstitution

Dans le cadre d’un projet de numérisation de plusieurs pièces du musée d’Arlon, une nouvelle reconstitution virtuelle a été proposée en 2024 pour le mausolée de Vervicius et Vervicia. Évidemment, toute tentative de reconstitution comporte une part de subjectivité, bien qu’elle vise à tendre vers la réalité, sans jamais l’atteindre complètement. En ce sens, la reconstitution finale proposée n’est que l’hypothèse la plus vraisemblable parmi d’autres, au moment de sa réalisation.

Diagramme des sources accompagnant la reconstitution de 2024

Afin de montrer le degré de fiabilité de cette reconstitution, nous avons élaboré un diagramme des sources et hypothèses qui vient se coller au modèle 3D. Celui-ci, qui est le fruit d’un long travail de recherche, permet de relier à chaque élément de la reconstitution 3D sa source et les hypothèses qui en découlent. Cela permet de produire, à côté du modèle 3D final, une visualisation colorimétrique du monument où chaque couleur renvoie au degré de fiabilité de l’élément en question :

- En rouge (certain) : l’objet archéologique existe toujours.
- En bleu (probable) : il s’agit du prolongement d’un objet connu. Sa forme et ses dimensions sont donc supposées.
- En vert (incertain) : l’élément n’a pas été retrouvé du point de vue archéologique. La reconstitution se base donc sur d’autres sources pour en déterminer la forme et les dimensions.

Degré de fiabilité de la reconstitution 3D : certain (en rouge), probable (en bleu) et incertain (en vert)

La présente reconstitution s’est donc basée fortement sur les hypothèses formulées dès 1981 par Louis Lefèbvre, complétée par les recherches plus récentes sur ce type de monument funéraire, notamment par Hélène Clérin. La forme du monument a ainsi été légèrement revue, désormais soutenu par deux piliers et appuyé contre un mur. En effet, le bloc arrière n’étant pas taillé, il est très vraisemblable qu’un autre édifice était placé derrière.

Pour déterminer les dimensions générales du mausolée, autant son socle que sa toiture, il fallait déterminer l’unité de mesure de base qui a régi sa construction. Par ailleurs, il fallait impérativement que l’inscription présente sur le bloc avant reste lisible depuis le sol, ce qui limita la hauteur du socle. Pour ce type d’édifice, la dimension de la base du pilier est généralement un bon indicateur. Celui-ci a une section carrée de 38cm de large, qui a été définie comme l’unité principale. Sur cette base, il a été possible d’estimer la hauteur des piliers, par comparaison avec d’autres monuments de la zone de Trèves, à 2.2m (soit 7x 38cm).

Le socle se base grandement sur des exemples de la zone de Trèves et de Neumagen, notamment du pilier d’Igel. Nous avons donc supposé l’existence d’une base à trois gradins, pour obtenir une hauteur similaire à 4x la largeur du pilastre, donc 1.5m. Ceci, combiné au 2.2m des piliers, permet d’assurer la lisibilité de l’inscription depuis le sol.

Finalement, concernant la forme de la toiture, le choix a été fait de garder le type proposé par Louis Lefèbvre, compatible avec le style de la région. En l’absence de blocs ayant appartenu à celle-ci, il est difficile d’en estimer la hauteur. En se basant sur des exemples de la région de Neumagen et afin de garder une bonne proportion vis-à-vis des dimensions réduites du monument, nous avons estimé sa hauteur à 9x la largeur du pilastre, soit 3.33m. Finalement, nous avons repris le couronnement en forme de pomme de pin, très fréquent et assez vraisemblable. D’autres exemples sont d’ailleurs exposés au Musée d’Arlon.