L’importance de cette pierre vient en particulier de son inscription latine, partiellement tronquée. On peut aujourd’hui encore y lire :
I N · H · D
A P O L · \
O R O L · |
Comme la majorité des inscriptions latines, la nôtre présente également un certain nombre d’abréviations. Ainsi, sur la première ligne, on pourrait lire : IN H(onorem) D(omus) D(iuinae). Ceci se traduit par : « En l’honneur de la Maison Divine », c’est-à-dire la maison impériale. Il était fréquent d’associer au Dieu, dans une même dédicace, l’Empereur et sa famille (même ses ancêtres). Dans plusieurs inscriptions, un troisième D suit les deux précédents, pour marquer la divinité D(eo). Ceci pourrait faire sens avec la seconde ligne.
Celle-ci commence par Apollon : APOL(lini), suivi probablement par un V dont il ne subsiste aujourd’hui qu’une barre latérale. Il pourrait s’agir de l’abréviation de V(icani) : « les habitants » Ce mot est important, car il renvoie au statut de la ville d’Arlon à l’époque gallo-romaine, en l’occurrence un Vicus (petite agglomération). C’est la seule attestation épigraphique comportant ce renseignement.
La dernière ligne, quant à elle, renvoie au nom de la ville : OROL(aunenses) – « de Arlon ». Il reste encore une lettre, partiellement détruite, de laquelle subsiste encore une barre verticale. Il s’agit vraisemblablement d’un P du mot P(osuerunt) : « ont érigé ».
L’inscription signifie donc : « En l’honneur de la Maison Divine (impériale), à Apollon, les habitants du vicus d’Arlon ont fait élever (ce monument) ».